Étude de cas dans l'Union Européenne
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- Création : 31 octobre 2021
- Écrit par Patrick TISON
Dans les années 1980, l'Europe exporte de nombreux bovins, mais en importe un peu plus.
En 1989, (moment d'un plan de relance de l'élevage bovin en France après une période de baisse des prix de la viande, sauf en France), la production a ralenti, mais selon le ministre français de l'agriculture l'autoapprovisionnement communautaire était presque acquis (production presque égale à la consommation, avec néanmoins un différentiel d'environ 500 000 tonnes de viandes bovines importées « essentiellement dans le cadre d'importations préférentielles ».
La tendance à augmenter les troupeaux de vaches allaitantes se poursuit et le poids des vaches abattues tend à augmenter. À cette époque, le veau de boucherie diminue (au profit de la viande rouge). La commission européenne attend une légère hausse de la production communautaire pour 1990 (+1,6 %).
Vingt ans plus tard (en 2010), dans l'UE 27 la production bovine est d'environ 8,2 millions de tonnes-équivalent-carcasse, soit presque +2 % de 2009 à 2010). Trois pays dominant ce marché assurent près de 48 % de la production bovine : la France (22 %), l'Allemagne (15 %) et le Royaume-Uni (11 %). Les poids relatif de la production de ces trois pays tend toutefois à diminuer face à des pays récemment entrés dans l'Europe (Pologne, Roumanie) alors que les importations du Brésil augmentent également.
Dans les années 2010, l'abattage de bovins tend à diminuer dans l'UE (presque −4 % en 2012), en raison du manque de viande sur le marché mondial et faute d'importations suffisantes pour combler ce déficit selon les éleveurs, ou parce que les européens mangent moins de viande. L'importation de viande bovine a chuté de 15 % en 2011 et de 6 % en 2012. Les exportations de viande bovine à partir de l'UE ont baissé de 36 % (en partie à cause d'une hausse progressive des droits de douane en Turquie selon les producteurs).
En 2012, un recul moyen de 3 % de consommation (surtout dû à une moindre consommation dans les pays les plus touchés par la crise de 2008 (−6 % en Grèce et au Portugal, −4 % en Italie, −2 % en Espagne et en France), alors que la consommation a augmenté de 1 % en Allemagne.
En 2013 une légère diminution est attendue (−2 % en France et de −1 % en Europe) par les producteurs, qui l’attribuent à un manque de disponibilité en viande bien que plus de viande brésilienne selon eux serait disponible en 2013.
Mortalité anormale (surmortalité) de bovins en Europe[modifier | modifier le code]
Elle est suspectée depuis les années 1990 en Europe et rapportée par les autorités vétérinaires de certaines régions ou pays qui constatent un taux anormal et croissant de bovins envoyés à l'équarrissage.
En France, l'ANSES et l'INRA ont fait ce constat : depuis le début des années 2000, le taux de mortalité des bovins (notamment de jeunes bovins et de manière générale dans le 1/3 nord de la France) a significativement augmenté.
Une enquête rétrospective s'est (en 2011) appuyée sur une enquête nationale (2010) sur la mortalité de 50 000 bovins envoyés à l'équarrissage en France métropolitaine (sur une population bovine d'environ 20 millions d’animaux), confirmant le phénomène.
Cette surmortalité est préoccupante, car elle survient alors que la zootechnie et les médicaments vétérinaires se sont a priori améliorés, alors que la nourriture des bovins est réputée mieux surveillée et mieux tracée (dans le cadre d'une traçabilité de la fourche à la fourchette). Cette anomalie sanitaire a justifié la création d'un Observatoire de la mortalité des animaux de rente (dit « OMAR »), qui dans le cadre de la Plateforme d'épidémiosurveillance en santé animale a ciblé ses premiers efforts sur les bovins, confirmant cette surmortalité et mettant en place les conditions d'un meilleur suivi.
Il est possible que d'autres pays soient touchés par ce même phénomène, ou une surmortalité ayant d'autres causes hors d'Europe. Le taux de mortalité / surmortalité des animaux d'élevage n'est pas scientifiquement suivi dans tous les pays.
France[modifier | modifier le code]
Malgré l'obligation de traçabilité, il est difficile d'obtenir des statistiques claires. En 2013, « Le scandale des lasagnes au cheval met en lumière la complexité du maillage de la filière viande bovine européenne. Vendu en France, confectionné au Luxembourg, abattu (selon les premières informations) en Roumanie, négocié à Chypre puis aux Pays-Bas… destiné aux étals des supermarchés, le lot de viande incriminé a fait l’objet d’un circuit aux multiples intermédiaires ».
Selon les statistiques disponibles :
- 49 % de la viande bovine produite en France provient de vaches contre 78 % en termes de consommation. En 2012, 35 % de la viande bovine consommée provient de l'élevage laitier. Mais 85 % des importations proviennent de l'élevage laitier européen (notamment des Pays-Bas et d'Allemagne).
- La production de viande bovine s'est accrue de près de 4 % de 2010 à 2011 : ceci est surtout dû à un accroissement des abattages de bovins en 2011 et à la mise sur le marché de bovins plus gros (+3,9 %) et d'une quantité plus importante de viande de veau (+4,3 %), pour l'export notamment ;
- Inversement la consommation intérieure a plutôt diminué (−1,5 % de 2010 à 2011) ;
- le nombre d'animaux vivants exporté a augmenté de 11 % (bovins mâles vers pays tiers essentiellement) alors que les importations de bovins vivants ont diminué (−17 % de 2010 à 2011) ;
- Les exportations d’animaux maigres ont progressé de près de 9 % de 2010 à 2011) ;
- L'Italie achète moins, mais reste le premier client de la France (4 bovins maigres sur 5) ;
- L'exportation a augmenté (+9 % vers les pays tiers, dont la Turquie, les pays de l'Union européenne restant néanmoins dominants. Les importations ont diminué de 9 %).
La production française de « gros bovins finis » a augmenté en 2011, mais a chuté (de 6 %) de 2011 à 2012 (moins de 1,35 million de tonnes équivalent-carcasse en 2012, soit 2 % de moins qu’en 2010). Selon les producteurs les prix ont augmenté en raison d'une diminution de l'offre (à la production comme à la vente au détail). Ceci s'est également traduit par une diminution (−12 %) des exportations totales (vif fini + viande).
Empreinte agro-énergétique et écologique[modifier | modifier le code]
Selon l'Institut bruxellois pour la gestion de l'environnement, s'appuyant notamment sur un rapport de la FAO, la production d'un kilogramme de bœuf :
- consomme autant d'eau que les douches d'un individu pendant un an ;
- exige la même surface de terre que la production de 160 kilogrammes de pommes de terre ;
- engendre 80 fois plus de gaz à effet de serre qu'un kilogramme de blé ;
- 1 kg de bœuf dans l'assiette nécessite 7 litres d'essence.
L'association végétarienne belge EVA estime que ne pas manger de viande un jour par semaine équivaut à une économie de 170 kg de CO2 par personne et par an (soit un trajet de 1 100 km en automobile).



















